Nous sommes là, on se parle au téléphone. La nuit est calme, mais les flammèches font flèches de tout bois comme des météorites verts nuit.
Tu me dis que ce soir, pendant que je te parle de Cyrano, qu’un passage de Gary t’avait éblouie, mais tu ne te souvenais de son phrasé exact ni du livre d’où il émanait; cette profonde pensée, disais-tu, qui a marqué ton destin.
Et pendant que tu cherches la phrase dans le disque dur de tes souvenirs (houla hop curly chérie, disque dur est un anglicisme ! il faut dire disque rigide ! ), le coquin ouvre une lucarne, tape les mots clefs “humour gary”. Et là… le miracle, dans la première page de résultats, là où l’on s’y attends le moins, c’est-à-dire le plus :
“L’humour a été pour moi, tout au long du chemin, un fraternel compagnonnage ; je lui dois mes seuls instants de triomphe sur l’adversité. Personne n’est jamais parvenu à m’arracher cette arme, et je la retourne volontiers contre moi-même, qu’à travers le “je” et le “moi”, c’est à notre condition profonde que j’en ai.
L’humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive.
[…]Dans les rapports humains, […] rien ne vous isole plus que de tendre la main fraternelle de l’humour à ceux qui, à cet égard, sont plus manchots que des pingouins.”