J’ai découvert Gary par Ajar.
C’était au cégep du Vieux-Montréal, 1982 ou 83. Un cours de littérature donné par Suzanne Lamy. Nous avions eu elle et moi un spectaculaire accrochage au premier cours, je m’y étais présenté sans papier ni crayon…
Il fallait lire durant la session trois romans : L’avalée des avalés de Ducharme, un roman de Monique LaRue dont je retrouverai bien le titre, et Gros-Câlin d’Émile Ajar.
Ce fut une belle entrée en la matière garyenne ajarienne, bien que je n’avais pas allumé plus qu’il ne le faut. Lire des trucs sur un mec qui garde un python de deux mètres, pour mieux marquer son rapprochement avec une négresse, alors que moi j’habitais en chambre où un voisin transperçait sur une base régulière des avocats avec une tige de bois en psalmodiant à la seule lueur des chandelles.
Je me rappelle aussi qu’il fallait à la fin de la session composer un texte. J’avais imaginé un chapitre manquant au Seigneur des anneaux de Tolkien, lequel avait fort plu à Suzanne Lamy. Notre rapport avait fait un 180 degrés.. :- )
En repensant à ces moments, j’en viens à me demander si le second roman de Gary que j’ai lu ne fut pas Les mangeurs d’étoiles. Qui donc avait ce livre, Marie la chocolatière ? Ce qui m’amènerais loin un peu, 91 ou 92. Ce qui veut dire qu’il se serait écoulé sept ou huit ans entre mon premier Ajar et mon premier Gary?
Ça me reviendra bien.
[Mise à jour : 25 juillet 2005]